

Editorial. Quatre principes visant à améliorer le système informatique de l’Etat de Vaud, qui coûte 110 millions de francs par an pour 8000 postes de travail.
Selon le Conseiller d’Etat vaudois François Marthaler, quatre principes doivent être respectés pour améliorer, dans la durée, le système informatique de l’Etat de Vaud, qui absorbe 110 millions de francs chaque année pour 8000 postes de travail (voir p. 10). En première position, il place le respect des standards ouverts en matière de formats de données et de protocoles d’échange. Pour que l’information puisse être partagée entre tous les concerné, tant à l’interne qu’à l’extérieur, si l’on veut qu’un jour, les termes d’e-government et de cyberadministration deviennent réalité. Pour pouvoir assumer aussi «le devoir de conservation des données à long terme qui s’impose aux collectivités publiques».
Force est de constater, ajoute-t-il, «que les éditeurs de logiciels libres respectent plus naturellement les standards» alors que les éditeurs commerciaux sont, «eux plus enclins à s’en distancier pour – disons les choses comme cela – fidéliser le client».
Changement de mœurs
Nombre de fournisseurs ont néanmoins réalisé, ces dernières années, qu’il n’était plus dans leur intérêt de verrouiller entièrement leurs systèmes ou leurs applications. Car les entreprises, moins naïves qu’auparavant, ne veulent plus être prises en otages, ni débourser des sommes astronomiques pour faire communiquer tant bien que mal des systèmes hétérogènes.
Même Microsoft, qui a usé de ce stratagème jusqu’à la corde, a compris, amendes salées à l’appui, qu’il lui fallait faire montre d’un peu de bonne volonté. Son format Open XML (OOXML), implémenté dans Office 2007, vient d’être accepté par l’ISO comme standard. Après des pressions et des volte-face dignes d’un western de série B.
Les entreprises qui ont passé un nombre incalculable d’heures à créer des documents, des feuilles de calcul et des macro-instructions peuvent respirer. Théoriquement, le fruit de ce labeur devrait pouvoir être récupéré d’une manière ou d’une autre. Concrètement, le chemin est tortueux et l’issue encore bouchée. Il leur faudra d’abord convertir leur stock de documents créés avec les anciennes versions d’Office. Avec quoi? La version d’OOXML utilisée par Office 2007 n’est pas compatible avec celle agréée par l’ISO! On croit rêver.
Espérons que Microsoft fournira rapidement – et de son propre chef – les patches appropriés dans une future release de sa suite. Car il ne faut guère s’attendre à ce que ses grands comptes lui mettent la pression pour l’instant dans la mesure où ils usent encore, pour la plupart, de versions bien plus anciennes.
Dorénavant, c’est l’ISO et non plus Microsoft, qui va dicter l’évolution d’OOXL. Il serait éminemment souhaitable que cet organisme le fasse converger vers le format ODF (Open Document Format), dit aussi OASIS, soutenu par de nombreux constructeurs. Et employé par OpenOffice, la suite bureautique de la communauté Open Source, que l’on pourra voir tourner aux Linux Days, du 21 au 22 mai, à Genève (voir p. 18).
A propos, combien sont-ils à l’utiliser réellement? Difficile à dire. Le projet Open Source Census* pensait pouvoir être en mesure de fournir cette indication en scannant les micro-ordinateurs des internautes. Mais trois semaines après le lancement de la plate-forme, moins de 150 000 personnes avaient joué le jeu. Dommage! Car on manque singulièrement de chiffres sur l’impact réel des logiciels libres.